Authenticité

Il y a quelques jours, je faisais une vidéo où je présentais un peu plus les cartes de forces. Je vous présentais notamment la force que j’ai décidé de mettre plus au centre de ma vie en 2018, l’Authenticité.

Je pense que j’ai appris au fil du temps à découvrir mon authenticité, jusqu’à ce qu’elle devienne un pilier central dans ma vie. Vivre mon authenticité, c’est vivre, au quotidien, et dans tous les aspects de ma vie, en accord avec mes valeurs. Je trouve cela plus facile, depuis que je suis à mon compte. Je choisis des projets en accord avec mes valeurs. Bien sûr, je ne dis pas que certaines considérations financières n’entrent pas en ligne de compte, mais ça, ce sera l’objet d’un autre article 😉

J’ai découvert cette authenticité comme une sculpture, qui naît d’un bloc d’argile, à force d’enlever le surplus, de dégrossir, et de sculpter plus finement au fur et à mesure…Cette authenticité a pu se développer également en reconnaissant mes valeurs et mes forces. Les identifier, dans les différents aspects de ma vie, m’a permis de les faire grandir. Et puis, je me suis rendu compte que plus j’étais moi-même plus je réussissais. Et surtout, je souhaite réussir tous mes projets maintenant, en étant moi-même. Pas quelqu’un d’autre.

Je me souviens lorsque je suis allée passer l’entretien du TedX Saint-Denis Women. Je venais tout juste de rentrer de métropole et je n’étais pas préparée. Je me suis dit, je veux juste être moi et donner le meilleur de moi-même à ce moment-là. Lorsque je suis sortie, je ne connaissais pas le résultat, mais j’étais satisfaite. J’avais été moi-même, j’avais parlé avec sincérité d’un sujet qui me passionne. J’avais donné le meilleur de moi-même, donc je savais que je n’aurais aucun regret. Si je n’avais pas été sélectionnée, c’est que ce n’était pas pour moi.

Je ne veux plus raconter autre chose que ce que je suis, pour être prise à un entretien.

Certains disent que dans le “business”, c’est différent. Non. En tout cas, je ne le souhaite pas, et je construis des relations de collaboration en ce sens. Des relations de confiance, qui me permettent d’être authentique, car c’est quand je suis moi-même que je suis le plus efficace et performante.

Dommage que mes managers ne l’aient pas compris avant. Maintenant que je suis mon propre manager, je ne veux plus commettre cette erreur.

J’aligne mes projets et mon fonctionnement sur mes forces. Quand je suis alignée sur mes forces, mon énergie se renouvelle, mon enthousiasme déborde, et je peux abattre une impressionnante quantité de travail. On se demande encore pourquoi si peu de manager se sont intéressés à ça ?!!

Authentique ne signifie pas tout dire, et à n’importe qui. Mais exprimer ce qui est fondamental pour soi, en fonction du contexte et de l’interlocuteur. Je n’ai pas besoin d’exprimer toutes mes valeurs pour être authentique mais d’exprimer avec sincérit,é ce qui est important pour moi dans ce domaine, dans cette situation. L’exprimer ne veut pas dire ne pas entendre les contraintes de l’autre.

Etre authentique ne veut pas non plus dire “balancer tout ce qu’on pense”, sans penser à la personne en face de soi. Le raccourci est un peu facile.

J’ai souvent entendu en formation “moi, je suis franche, donc ça sort comme ça sort”.

Vous pouvez exprimer votre authenticité, en communicant mieux votre message. La forme, c’est important. La forme permet de maintenir la relation, et de faire entendre votre message.

Il le prend, comme il le prend, c’est son problème”.

Non, c’est votre problème aussi, si vous exprimez quelque chose c’est que vous avez l’objectif de faire entendre votre message. S’il n’est pas entendu, personne n’a progressé.

Comment être authentique dans son milieu professionnel sans se brûler les ailes ?

Je dirais de commencer pas à pas, par les relations où vous avez le plus confiance. L’idée n’est pas de tout dévoiler, mais de montrer et d’agir en concordance avec vos valeurs. Trouvez votre manièere de les exprimer clairement, sans faillir pour autant à vos obligations. Et gardez à l’esprit, ce n’est pas parce que vous exprimez vos opinions, que tout le monde doit les accepter. Pouvoir les exprimer à travers des mots, et non des maux, fait déjà du bien, car je suis persuadée que vivre en desaccord avec ses valeurs profondes nous donne un tas de m-a-u-x.

Alors pourquoi ne pas nourrir vos relations, sur ces bases d’authenticité et de confiance ?

Rebecca Shankland dit “la psychologie positive considère que la confiance est l’une des forces humaines fondamentales”. La confiance est, pour moi, indissociable de l’authenticité. Alors, j’ai décidé désormais, de nourrir prioritairement les relations dans lesquelles l’authenticité et la confiance peuvent fleurir.

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Bilan du défi « instant présent »

Le mois de janvier était un mois que j’avais dédié à l’instant présent et à la pleine conscience. Je vous avais parlé dans cet article (l’instant présent) de ce qui m’amenait à penser que c’était réellement important et une clé du bonheur pour moi. Et puis, je vous avais partagé ici (défi: rester dans l’instant présent, un bambou face à la tempête) les difficultés que je pouvais rencontrer également.

C’est vrai que le retour au travail et au quotidien m’a donné moins le temps de m’observer par rapport à cela. Mais je vais vous partager avec un regard rétrospectif, le bilan que je peux en faire.

En ce qui concerne la méditation, je n’ai pas forcément méditer tous les jours, de manière formelle. Parfois, j’oubliais totalement (surtout en vacances), d’autre fois,  je me levais déjà très tôt pour aller travailler et  je n’était pas prête pour me lever encore plus tôt …

Mais mon défi n’était pas, en soi, de méditer. C’était d’être plus présente dans l’instant, de « mettre plus » de pleine conscience dans ma vie.

J’ai pu affronter de nombreux défis, des moments où je me disait que je n’avais pas forcément envie de vivre “cet instant présent” là ! Et malgré tout, cela a transformé le vécu de beaucoup de moments…comme les 4h d’attente, pour un billet d’avion à l’aéroport de Maurice.

Avec la reprise du travail, cela m’a permis de mieux gérer à la fois mon énergie et ce que j’offrais au groupe ou à la personne avec qui je travaillais.

Dans les moments difficiles, cela m’a permis de faire un parallèle. En randonnée, quand je suis proche du sommet, je regarde l’objectif pour me donner du courage. Mais quand j’en suis trop loin, et que c’est très dur, je me concentre sur chacun de mes pas. Un pas après l’autre. Pleinement dans le moment, dans l’effort, accepter que ce soit dur, et voir qu’un pas après l’autre, j’avance !

Ce défi m’a permis d’être plus connectée à mes sensations corporelles. Ecouter mes besoins pour manger, pour me reposer, etc…

J’ai ressenti beaucoup plus de gratitude. Pour des couchers de soleil, pour des rencontres, des échanges, des moments avec des amis, des phrases dites, des échanges…

J’ai repris du temps pour aller peindre, et le magnifique atelier où je peins est une invitation à la contemplation et à la pleine conscience. J’ai ressenti alors cette pleine présence, dans un geste qui peut paraître inintéressant et banal : mélanger de la peinture.

Je vois donc tout le bien que cela me fait.  J’observe aussi toute l’attention à maintenir, de façon constante pour ne pas repartir trop souvent ou trop longtemps dans ces travers d’anticipation. Et je souhaite maintenir cette même intention en février et tous les mois qui suivent…

Ses sensations, son intuition : le meilleur guide pour faire ses choix ?

 

Cette semaine, je suis sortie d’un échange avec une étrange sensation. J’aurais dû ressortir contente, nourrie, enrichie, mais quelque chose me chiffonnait. C’était une sensation qui n’était pas très forte, mais elle était bien là. J’aurais pu ne pas l’entendre, et alors j’aurais pu râler sur l’automobiliste qui ne me laissait pas passer, trouver que le repas n’était pas assez bon ou pas assez rapide, etc.

Quand quelque chose vous contrarie et que vous n’écoutez pas cette contrariété, c’est comme si elle venait contaminer tout ce que vous vivez ensuite.

J’ai appris, et j’apprends au quotidien, à écouter ces petites contrariétés pour les gérer avant qu’elles ne salissent tout le reste.

J’étais dans ma voiture et j’ai alors accueilli cette émotion. J’étais contrariée et blessée. Un de mes perroquets*, certainement le fautif, venait me dire : “C’est ton ego, ton orgueil qui est blessé mais tu dois entendre la critique pour avancer. C’est ta faute, tu n’es pas à la hauteur !” (Discours typique du perroquet fautif). Alors j’ai accueilli ce qu’il venait me dire.

Effectivement, j’étais blessée de ne pas avoir fait aussi bien que je le souhaitais. D’un aure côté, je souhaite être plus spontanée, plus authentique et accueillir mes faiblesses, lutter contre ses envies de perfection. Finalement, cette remarque venait me tester sur ce point-là…

Est-ce que je l’accepte vraiment ?

L’émotion dégonfle alors un peu. J’ai fait ce choix, car il me semble important, et même si c’est incofortable pour moi, j’ai envie de m’y tenir.

Mais le perroquet fautif revient à la charge, pas découragé pour autant : “oui, mais quand même, tu veux proposer quelque chose de qualité ! Peut-être te voiles-tu la face sur ce que tu fais ?”. Ca, c’est sa phrase préférée, et elle est assez redoutable pour moi.

Dans un premier temps, je l’écoute, je l’accueille et j’essaie de voir comment cela résonne en moi. Cela ne me semble pas tout à fait juste. Généralement, je suis souvent la plus critique avec moi-même. Alors, je me remémore les échanges sur le sujet. Je ressens un manque de justesse dans les propos que l’on m’a tenu. C’est une impression de ma part, peut-être erronée, mais je commence à lui accorder de la valeur.

Est-ce une intuition ? et surtout, comment le savoir ?

L’émotion se dégonfle encore d’un cran.

Se remettre en question est fondamental, mais par moments, il faut aussi définir une limite, celle de sa protection. Le fait que l’émotion dégonfle me permet d’entendre la critique, comme ce qu’elle est et pas la projection amplifiée que je pourrais en faire. Ensuite, cela me permet de resituer les propos. C’est l’avis d’une personne, ce n’est pas une vérité.

Dans un second temps, je définis ce que je souhaite moi, dans ce domaine. Puis, je demande d’autres avis, pour jauger si je dois réorienter ou améliorer ce que je propose.

J’ai pris 3 autres avis, j’ai toujours demandé de la sincérité dans ces retours, et mis à distance aussi ce qui m’était transmis. Les retours m’ont confirmé l’adéquation entre ce que je proposais et mon objectif.

Finalement, grâce à cette expérience, je reprends mon pouvoir et ma puissance. Je ne le donne pas à l’autre. Je décide de mon cap et de ma manière de naviguer.

Ce n’est pas parce que l’intention est louable qu’elle vous fera du bien. Vous seul, pouvez définir ce qui vous fait du bien.

Si je sens qu’une attitude manque de justesse, j’ai autant le droit de m’écouter et de me faire confiance.

*Le Perroquet, issue de la méthode SPARK (méthode de résilience ordinaire tirée de la psychologie positive), représente votre dialogue interne.

Renoncer : laisser tomber ou accepter ?

La vie offre une multitude de choix, je vous en parlais dans le dernier article. D’ailleurs, pour commencer cet article, une multitude d’idées se bousculent dans ma tête. Il me faut choisir celle que je vais utiliser en premier. Ce choix est à la fois, une chance exceptionnelle, et une grosse difficulté quotidienne pour bon nombre  de personnes.

 

On nous dit “choisir, c’est renoncer”. Oui, je le crois.
Mais je n’entends pas renoncer dans le sens de “ ne pas aller au-delà”, “ne pas continuer à avancer à progresser”, mais dans le sens d’“accepter”

Accepter de ne pas pouvoir TOUT faire.  Accepter de ne pas pouvoir TOUT vivre. Accepter le “fini” dans toute chose. Cette acceptation est pour moi une libération.

 

J’ai été plusieurs fois sollicitée pour des accompagnements sur la gestion du temps. A chaque fois,  je me suis rendue compte que le problème n’était pas lié à un manque de méthodologie, ou à un manque d’outils mais bien à un problème de choix.

 

J’en ai moi-même fait les frais. Je me suis intéressée à tous les outils, méthodologies pour optimiser mon temps. Je les ai appliqués. J’ai pu développer une force de travail et une quantité de projets. La seule limite restante: les temps de déplacements. La télétransportation est réellement quelque chose qui me manque !! Bien sûr, j’ai également optimisé mes temps de trajets, pour préparer mes formations, répondre aux mails, ou encore répéter mon TeDX.

 

Est-ce que j’avais la sensation d’avoir le temps de faire tout ce que je voulais ? Non

 

Je crois même avoir ressenti plus souvent la sensation de ne pas avoir le temps de faire tout ce que je voulais. Toutes les expériences, sollicitations, lectures, discussions, formations me donnent envie d’encore plus. La liste de lectures et de projets ne cesse donc de s’allonger…

 

Je rencontre régulièrement chez certains de mes stagiaires: cette curiosité insatiable, cette envie d’apprendre inépuisable et viscérale, et cette frustration de ne pas pouvoir tout faire et tout vivre.

Le problème n’est pas la gestion du temps. Le problème est le temps fini.

 

La seule piste me semble dans l’acceptation et le choix conscient. Accepter la fin des choses. Accepter la limite du temps et consacrer ce temps à ce qui est véritablement important pour soi.

 

Alors, la méditation pleine conscience m’aide à laisser passer le flot d’idées, de pensées, et de projets. Laisser s’apaiser la tempête du cerveau pour revenir à la clarté, la lucidité, qui permettront d’élaborer le choix conscient.

Si vous avez raté le premier article sur le choix, c’est par ici : https://devenircapitaine.wordpress.com/2018/01/28/faire-un-choix-conscient/

 

Faire un choix conscient

S’il y a quelque chose qui me semble fondamental pour être capitaine de son navire, c’est le fait de faire des choix, des choix conscients.

Lorsqu’un capitaine de bateau, voit une tempête arriver, il ne peut pas se dire qu’il n’a pas le choix. Il ne peut pas continuer à regarder uniquement le côté où le ciel est bleu. Son équipage compte sur lui, pour faire le meilleur choix.

Il y a une part où il doit affronter la réalité, prendre de l’information pour avoir le maximum d’informations objectives. Mais cela ne suffira certainement pas. Si toutes les informations objectives donnaient la réponse alors le choix ne serait pas si difficile.

Dans notre vie actuelle, nous sommes submergés de choix, tous les jours. Des plus futiles au plus importants : « de quelle marque de yaourt vais-je prendre ? » En passant par, « qu’est-ce que je choisis de mettre de côté dans la montagne de choses à faire ? »  au travail, à la maison, même dans les loisirs….

Tous ces choix nous prennent une énergie, sans que l’on s’en rende forcément compte. Tant d’énergie que nous n’avons plus pour les choix réellement importants de notre vie. Nous finissons par dire alors, « je n’ai pas le choix ».

Et si, nous avons le choix.

Aussi infime soit-il, nous avons toujours le choix.

Nous pouvons toujours décider de comment, nous allons réagir ou vivre une situation.

Etre capitaine, c’est régulièrement s’informer de là où on est. Il ne s’agit pas de le regarder uniquement de son point de vue mais, de croiser les regards, de le confronter à des informations objectives.

Alors, comment faire des choix conscients ?

Se poser, observer la situation, réaliser un bilan. Croiser les informations objectives : les faits, les chiffres. Un chef d’entreprise pourra regarder son chiffre d’affaires, mais il faudra aussi qu’il intègre le nombre de ses jours de congés, le nombre de ses clients ou de ses prospects, le développement ou la fermeture d’une activité. Une personne pourrait regarder les projets qu’elle a concrétisé, ceux qu’elle a mis de côté, le temps passé à ses passions, depuis combien de temps elle n’a pas fait cette activité qui l’a rend heureuse..

Mais faire des choix conscients, c’est faire des choix par rapport à ses valeurs, des choix qui nous portent en direction de notre cap !

Alors dans un deuxième temps, il faudra croiser les regards, avec des informations moins factuelles.

Est-ce que j’ai aimé ce que j’ai fait ?

Est-ce que je me suis sentie bien ou au contraire, stressée, tendue ?

Comment mes proches m’ont perçu pendant cette période ?

Est-ce que ces projets, ces activités, ce temps passé à nourrir mes valeurs, le sens de ma vie ?

Ceci nous permet d’avoir une situation plus nuancée de la réalité. On ne peut réduire notre vie à des chiffres. Comme vous ne direz pas, c’est bien mon enfant a grandi de 3 centimètres, cette année, il a bien grandi ! Ce que vous avez vécu peut changer complètement l’interprétation des chiffres.

Ces informations vont permettre d’argumenter certains choix. Je décide d’arrêter cette activité, car le bilan global, prenant en compte les aspects financiers et l’énergie dépensée, le plaisir pris, elle ne me semble pas assez nourrissante.

Certaines décisions peuvent être prises en conscience lorsque ces 2 regards sont croisés. Ces choix-là sont extrêmement importants, et lorsqu’ils sont pris en conscience, vous savez que c’est le meilleur choix pour vous, au moment où vous le faites.

Malheureusement, faire un choix différent à un autre moment, « revenir sur son choix » comme l’on dit souvent est souvent reproché ou mal vu dans la société. Faire un choix conscient, c’est faire un choix avec les informations que l’on a, l’énergie et les sensations à un moment T.  Si ces données changent vous pourrez faire un choix différent. En posant ces différents éléments de façon claire, vous serez aussi en mesure d’expliquer les tenants et les aboutissants de votre décision. Elle sera plus stable, vous serez plus stable.

Et puis, il y a les autres choix … 😉 Il y a toujours des choix où une fois les informations croisées, les émotions, l’énergie, la perception, vous ne voyez pas clairement la route à prendre. Vous voyez ce dont je parle ? Tous ces autres choix …

Ces choix, où il faudra avancer dans l’inconnu, sans savoir si on a pris la bonne décision. On a envie de les rationaliser, ou de les repousser, de ne pas les affronter (« j’ai pas le choix »). Mais au mieux, je les accueille, au mieux, j’accepterai le mouvement de la vie. Plus vite, je me rendrai compte que ce n’était pas le meilleur choix, plus vite, je pourrais réajuster le cap. Parfois, nous nous entêtons juste dans  une direction, par ego, pour montrer que nous avions raison. Est-ce que cela est efficace pour atteindre notre objectif ? Non. Est-ce que cela nous rend heureux ? Non.

Oui, il y a toujours un moment où l’on rencontre un choix, important, où l’on ne peut savoir à ce moment-même, qu’elle sera la meilleure solution.

Alors il n’y a plus qu’une seule chose à écouter : votre coeur. Ce n’est pas que vous ne l’avez pas écouté avant. Vous l’avez pris en compte dans le plaisir, dans l’énergie, dans votre bien-être lié à ce projet, cette activité… mais parfois même si cela vous a fatigué, stressé, vous sentez que votre coeur vous dit d’aller dans cette direction. Cela prendra peut-être du temps, mais cette direction est le cap à prendre.

Attention !

Votre coeur murmure, il faut être prêt à l’entendre.

S’arrêter (un peu plus que 5 min), se poser, laisser les pensées s’apaiser, être pleinement en vous-même, connecté à lui, pour entendre votre coeur murmurer le chemin à prendre.

Ne tardez pas à vous exercer, la vie regorge de choix, mais sélectionnez précieusement là où vous souhaitez faire des choix conscients. La marque du yaourt pourra bien attendre, votre vie non !

Un bambou face à la tempête ?

L’apprentissage, comme je le disais dans le précédent article, se fait par la répétition. Tout formateur le sait :-).

C’est pourquoi la vie m’a amené de nouveaux défis ,afin que je comprenne qu’il y aura toujours une raison d’anticiper sur l’avenir, un souci qui pourrait m’amener à ne plus être présente à l’instant.

J’ai déjà gâché trop de moments dans ma vie, en me disant : “Après cela, ça ira. Après ça, je profiterai”.

La vie a amené un petit cyclone sur notre île, le jour de notre retour. Cela est bien quelque chose que je ne peux pas changer, n’est-ce pas ?  Alors, appliquant la devise de Marc Aurèle, nous avons pris à distance toutes les dispositions qui pouvaient protéger notre maison, essayer de prévoir notre retour, et puis lâcher prise sur ce que nous ne pouvions contrôler.

Essayer de s’inspirer du bambou qui reste souple, face aux vents, sans rompre pour autant. S’adapter tout en gardant son alignement, sa stabilité.

Se préparer à une longue attente à l’aéroport, sans nouvelle, certainement… Tout le monde faisant de son mieux.

Comment se préparer ?

Pour moi, c’est de se reposer et de méditer. Si je suis reposée, je m’adapte mieux aux aléas, et si j’ai médité, je prends plus de recul par rapport aux évènements, à mes pensées. Mes pensées ne sont pas la réalité. Ainsi, mon stress ou ma volonté de contrôle ne fera pas avancer la situation. Je ne dis pas qu’il ne refait pas son apparition, mais il ne m’emporte pas ou moins.

Tous les jours de votre vie, il y aura des soucis ou des préoccupations qui pourraient vous empêcher de vivre le présent. Apprenons aussi à faire la différence entre ce qui est important et ce qui est grave, gardons en tête la priorité des choses.

Je vois, sur les commentaires des prévisions météorologiques, les peurs de ce qui pourraient se passer, puis des plaintes parce que finalement, le cyclone ne serait pas si fort que cela… Remercions d’avoir des systèmes si pointus, pour essayer d’anticiper ce que Dame Nature souhaite faire, même si elle est imprévisible. Remercions tous les professionnels et ces passionnés qui mettent leurs compétences et leur temps pour nous protéger. Ils changent ce qu’ils peuvent changer, ne leur demandons pas d’endosser une responsabilité qui n’incombe à personne. Et acceptons.

Dans chaque situation difficile, il nous faut d’abord accueillir. Accueillir l’information, accueillir l’émotion. Je suis triste, je suis angoissée ou je suis en colère. J’accepte cette émotion, je l’observe, je n’essaye pas de la contrôler, ou de la supprimer.

Et oui, je mets en oeuvre les enseignements de la psychologie positive et je suis en colère, triste ou angoissée. Et non, la psychologie positive ne dit pas d’être toujours joyeuse, elle n’est pas la pensée positive !

I. Kotsou le redis très bien, dans son ouvrage “Eloge de la lucidité”. D’ailleurs, les résultats de la pensée positive ne sont pas probants. Essayer de lutter contre une idée ou une émotion, elle sera plus forte. Accueille cette émotion, et elle diminuera. Refuse là et elle s’amplifiera.

Tu es tendu ? Observe ces tensions.

Où es-tu tendu ? Peut-être sais-tu ce qui t’as provoqué ces tensions ? Ou peut-être pas, tu n’es pas obligé d’y réfléchir, juste les observer, et respirer…

Le bonheur n’est pas l’absence d’émotions désagréables ou de tensions, et comme le dit un auteur que j’aime beaucoup “le bonheur n’est pas nécessairement confortable !” (T. d’Ansembourg).

N’avez-vous jamais savouré un plaisir, une joie plus intensément, car elle survenait après un moment difficile, un stress, une peur ?

Alors pourquoi ne pas accepter d’être traversé par cela. Je sais que cela n’est pas facile. Parfois, je voudrais juste continuer à ressentir ce bien-être, cette sérénité. La méditation m’apprend à ne m’accrocher, ni à mes pensées, ni même au bien-être que je peux ressentir. Nous rencontrerons toute notre vie des tempêtes, et certaines nous marquerons peut-être à vie.

J’ai rencontré beaucoup de stagiaires qui ont affronté de grosses tempêtes, voire de véritables naufrages dans leur vie, mais c’est incroyable ce qu’ils en ont retiré. De chacun d’eux, j’apprends. Et il ne tient qu’à nous de ne pas attendre les tempêtes pour apprendre ce qui est véritablement important, pour nous, dans notre vie.

Il y a quelques mois, j’ai rencontré dans une de mes formations, une personne qui avait eu un point de bascule dans sa vie. Elle nous avait étonnée par son sourire et son indéfectible joie de vivre, dans un milieu professionnel, relativement difficile à vivre au quotidien. Lorsque je leur ai demandé de raconter une histoire, afin de travailler l’écoute active et la reformulation, j’ai compris pourquoi. Elle était partie en croisière, et au beau milieu d’un magnifique dîner, un énorme fracas se fait entendre, panique à bord… le navire s’échouait…
Elle est sortie saine et sauve de ce naufrage. Depuis, elle savoure chaque minute de sa vie et offre véritablement cette joie de vivre à tous ceux qui la croisent…

Aujourd’hui, je n’ai plus envie de me faire emporter loin d’ici et maintenant. Même si c’est, pour moi, un travail que de revenir à cet instant présent, avec un cerveau qui est trop habitué à sauter d’idées en idées, avec une créativité foisonnante…

Sur ces derniers jours de voyage, il m’a été malgré tout plus facile de rester ancrer dans ce présent. En effet, mon compagnon prendra l’avion dans quelques jours pour commencer une longue traversée à la voile (et oui, je partage ma vie avec un vrai capitaine ;-)).

Quand quelque chose devient rare, nous y prêtons plus attention. Afin de prêter plus d’attentions à ce qui est nous est cher et ceux qui nous sont chers, au quotidien, la gratitude peut nous aider. Chaque jour, remercier la vie pour les petits et les grands bonheurs ou enseignements qu’elle nous apporte.

Avant notre départ, nous nous sommes offert une séance de réflexologie plantaire face à la mer. Nos voisins sont restés toute leur séance, rivés à leur téléphone. Je me demandais alors, comment pouvaient-ils véritablement savourer ce moment pour soi ?

Et vous, quels moments de déconnexion et de présence à vous-même vous offrez-vous ?

Alors, de nouveau à l’aéroport, je profite de ce temps pour écrire. La boucle est bouclée, le retour fait aussi partie du voyage…. Etre à l’aéroport avec mon compagnon est aussi un temps partagé à deux, et je suis reconnaissante d’avoir ce temps. En Malaisie, nous avons rencontré de nombreuses personnes qui ne pouvaient pas vivre au quotidien avec leur famille, car elles travaillaient loin de leur foyer.

Je suis reconnaissante d’avoir pu vivre ce formidable voyage, 5 semaines de découverte, 5 semaines d’échanges et de partages, 5 semaines pour ralentir et prendre soin de soi, 5 semaines pour laisser pousser des idées et des projets, des projets qui verront le jour en 2018…

 

Eloge de la Lucidité de I. KotsouLien amazon

Le bonheur n’est pas nécessairement confortable de T. d’AnsembourgLien amazon

défi : rester dans l’instant présent ?

J’ai décidé de placer ce mois de janvier sous le focus de l’instant présent et de la pleine conscience.

Une partie de ce défi se fera donc en voyage, où le rythme est plus cool, mais dans un environnement constamment changeant. Pendant l’autre partie, je serai chez moi, avec mes repères ,mais avec un planning plus contraint (reprise du travail). Les deux me semblent intéressants pour apprendre à mieux vivre cela dans ma vie.

Une semaine après le démarrage de ce défi, la vie m’a envoyé un petit challenge. Une situation inconfortable, voire stressante, et qui me “poussait” à sortir de l’instant présent, du voyage, pour aller dans l’anticipation.

Sauf que là, j’avais décidé de ne pas le vivre comme ça. Est-ce pour autant si simple ? Non !

J’ai enregistré l’information, j’ai accueilli l’émotion que cela générait en moi : un peu d’inquiétude, une part de tristesse et de stress.

Mais il faut aussi faire un choix, la vie est rythmée par les imprévus, c’est le mouvement même de la vie. Chaque tension, chaque crispation, bloque le mouvement, le mouvement du corps, de l’énergie, de la vie tout simplement. Et j’ai décidé que je souhaitais plus de fluidité dans ma vie.

A ce moment-là, j’ai donc gardé en tête que je souhaitais rester dans le moment présent.

Est-ce que j’ai réussi à 100 % ? Non, mais j’ai gardé le cap.

Quand mon esprit dérivait à nouveau en mode cogitation, je le ramenais à l’instant présent. Comme le dit Christophe André, peu importe de le ramener, 10, 100, 1000 fois, c’est cela la pleine conscience.

D’autre part, je me connais maintenant mieux. Je sais que j’ai besoin d’un temps pour digérer l’information, accueillir l’émotion puis passer à l’action.

Est-ce que quelque chose à changer par rapport à d’habitude ? Oui.

Je n’ai pas imaginé les pires scénarios, je ne me suis pas gâchée la soirée à cause de cette information. J’ai accueilli, analysé ce que je pouvais faire, et ce sur quoi je devais lâcher prise.

Depuis plusieurs mois, cette phrase de Marc-Aurèle est la devise de mon compagnon : “Que la force me soit donnée de supporter ce qui ne peut être changé et le courage de changer ce qui peut l’être, mais aussi la sagesse de distinguer l’un de l’autre ”. La vie nous a donc offert un défi pour la vivre. Cela a été une belle occasion de partage philosophique à ce sujet, et aussi de célébrer nos avancées… C’est un peu comme dans un jeu vidéo, ou dans un exerciseur en ligne, au fur et à mesure que tu avances dans le jeu, les défis sont un peu plus difficiles…C’est bien comme cela qu’on apprend !

C’est inconfortable, on aurait préféré ne pas vivre cet inconfort, mais c’est là, alors acceptons-le.

Une autre petite phrase qui m’accompagne, relié au conte ci-dessous : tout est pour le mieux !

Je me raccroche à cela, même quand je doute, car je l’ai expérimenté plusieurs fois. Tout cela nous invitant encore une fois au lâcher prise. Lâcher prise ne veut pas dire “ne rien faire”. Mais bien faire la distinction entre là, où nous pouvons agir et là, où ne nous pouvons pas. Ecouter son coeur et faire confiance à la vie.

Je vous laisse sur ce beau conte tamoul, à garder dans un coin de votre tête – ou de votre coeur :

Vikkram, le roi de darmapouri, avait un excellent ministre nommé Anirouttar. Celui-ci avait pour manie de dire à tout moment et en toute circonstance: « tout est pour le mieux », ce qui agaçait le roi.

Un jour que Vikkram et son ministre étaient allés à la chasse, le roi se blessa au doigt en coupant une branche qui barrait le chemin. Voyant cela, Anirouttar ne put s’empêcher de dire: ‘tout est pour le mieux, ô mon roi ». Fou de colère, le roi l’emmena prés d’un puits en ruine et à sec.

-« Je m’en vais te jeter dans ce puits, hurla-t-il, qu’en penses-tu?
– Tout est pour le mieux » répondit le ministre, imperturbable.
Le roi le jeta alors dans le puits et repartit chasser.

Soudain, alors qu’il poursuivait une bête, il se retrouva cerné par un groupe de sauvages, adorateurs de la déesse Kâli à laquelle ils avaient coutume d’offrir en sacrifice des humains exempts de toute impureté. Le beau Vikkram fut donc saisi, garrotté et traîné jusqu’au temple de Kâli pour y être sacrifié. Le prêtre du temple lui fit prendre un bain, car toute offrande faite à la déesse, fut-elle un homme, devait être pure. Pendant le bain, le prêtre aperçut la blessure au doigt de Vikkram. Il déclara alors que Vikkram, ayant une blessure, était souillé et ne pouvait être sacrifié.

Ravi d’être encore vivant, le roi se souvint des paroles de son ministre et, ayant été remis en liberté par les adorateurs de Kâli, rebroussa chemin pour aider l’infortuné à sortir du puits où il l’avait jeté. Lorsque Anirouttar fut tiré d’affaire, il lui conta son aventure. Il approuva son « tout est pour le mieux », car, sans son doigt blessé, il serait déjà au paradis.

Il eu tout fois un doute.

« Anirouttar, dit-il alors à son ministre, ton « tout est pour le mieux » s’est révélé juste pour moi. Mais comment le justifies-tu pour toi? »

Anirouttar s’empressa de lui répondre : « seigneur, si vous ne m’aviez pas poussé dans le puits, j’aurais été capturé par ces sauvages et sacrifié à la déesse Kâli. Voilà pourquoi, pour moi aussi, tout est pour le mieux ».